Cabinet de conseil, une voie de la "performance" au sein de l'Etat ?

23/02/2022

Alors que des cabinets de conseil privés ont été choisi par le gouvernement pour le soutenir dans la « gestion » de la crise sanitaire, ceux-ci ont fait l'objet de controverses et de critiques notamment depuis la création par le Sénat d'une commission d'enquête sur l'influence croissante des cabinets de conseils privés dans les politiques publiques. Le recours, qui semble être récurrent, à ce genre de cabinet par différentes administrations est couteux et pose des problèmes de souveraineté lorsque ces cabinets sont soumis à des législations étrangères.

Par ailleurs, dans l'émission SENS PUBLIC de de la chaine Public Sénat du 17 décembre 2021, Frédéric Pierru, sociologue de la santé et chargé de recherche au CNRS, explique que le « pantouflage » est le facteur principal du recours aux cabinets de conseils. Il voit en effet une « hybridation public-privé de cette haute fonction publique », c'est-à-dire une « forme de fusion des élites publiques et privées qui explique le recours croissant aux cabinets de conseil ». Il ajoute que « les recommandations de ces cabinets de conseil aboutissent à évider les Etats de ses compétences, ou plutôt empêche l'Etat d'internaliser des compétences qu'il n'a pas » et qui rendrait les administrations de plus en plus dépendantes de ces cabinets.

📷Florian Olivo
📷Florian Olivo

Enfin, lors de son audition au Sénat le jeudi 2 décembre 2021, le sociologue note qu'une rupture s'est produite durant les années 2000. Cette rupture s'inscrit alors dans un contexte de développement des réformes, notamment fiscales, que l'Etat connut avec l'intervention des critères de performance et de formations managériales propres aux entreprises.

Dans l'ouvrage Les infiltrés paru le 17 février 2022, deux journalistes de l'Obs expliquent les rapports entre les cabinets de conseil et les administrations françaises et estiment à 1.5 milliard d'euros par an le coût du recours à ces cabinets. Chiffre que conteste le ministère de la Transformation et de la Fonction Publique.

Dès lors, l'exécutif a affirmé qu'il allait baisser de 15 % les dépenses en conseil pour 2022. Peut-être aura-t-on des fonctionnaires compétents d'ici là... ou bien peut être les a-t-on toujours eus ? 

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