Football, rétrospective : Rudi Garcia à l'Olympique Lyonnais, autopsie d'un échec prévisible

05/01/2022

Le 15 octobre 2019, Jean-Michel Aulas présente en conférence de presse le nouvel entraîneur de l'équipe première de l'Olympique Lyonnais, Rudi Garcia. Il affiche, tout sourire, les qualités de son nouveau protégé : « Je suis très heureux d'avoir Rudi à mes côtés. C'est le vingt-neuvième entraîneur de l'OL et c'est un homme avec une grande expérience. [...] Il a toutes les caractéristiques nécessaires pour l'OL. [...] L'objectif est d'enrichir la vitrine de trophées en championnat et en Europe".
Ce 30 mai 2021, lors de la présentation de son successeur Peter Bosz, le président revient sur le choix de miser sur Rudi Garcia, un an et demi plus tôt : « Faire venir Peter, c'est la solution la plus efficace pour mettre le deuxième étage de la fusée OL, la première étape c'était de faire venir Juninho il y a deux ans.
Entre temps, on a réalisé un certain nombre d'essais [...] ça s'est joué à peu de choses (la qualification en Ligue des Champions ndlr), on a fait des erreurs, on les a corrigés en faisant venir Peter ».                    Force est de constater que les caractéristiques de Rudi Garcia n'ont pas permis de garnir une armoire à trophée toujours aussi poussiéreuse, ni de permettre à l'Olympique Lyonnais de devenir un club qui compte à l'échelle européenne.
Son passage entre Rhône et Saône représente davantage une « erreur » comme le dit si bien le président, qu'une réussite »

Que s'est-il passé durant ces 20 mois ? Pourquoi cela n'a-t-il pas fonctionné ? Retour sur le passage aussi insuffisant que prévisible de Rudi Garcia à l'Olympique Lyonnais.

De mauvaises relations qui l'ont isolé

        Depuis l'intronisation de Rudi Garcia, le club a manqué d'unité et de cohésion, principes fondamentaux à la réussite d'une entreprise. L'équipe a évolué trop longtemps dans un climat tendu qui l'a empêché d'atteindre ses objectifs. La faute à un isolement rapide de Rudi Garcia au sein du club, conséquence des mauvaises relations entretenues avec des éléments essentielles et historiques de l'Olympique Lyonnais.

Une relation avec les supporters vouée à l'échec

        Parmi elles, celle entretenue avec le public lyonnais apparaît comme une épine dans le pied de l'entraîneur depuis le premier jour.

Le mariage entre Rudi Garcia et les supporters n'a jamais vraiment eu lieu et on pouvait s'y attendre.
En effet, l'entraîneur français ne sera pas regretté entre Rhône et Saône et sa non-prolongation apparaît comme la fin d'un calvaire pour les fans. Mais au contraire de Jean-Michel Aulas, les supporters ont rapidement témoigné à l'égard de Rudi Garcia, une inimitié qui n'a jamais semblé s'estomper. Pour le comprendre, il faut remonter au 14 octobre 2019, jour de la nomination de Rudi Garcia sur le banc de l'OL. Il vient remplacer Sylvinho, arrivé dans les bagages du nouveau directeur sportif Juninho à l'été 2019, et licencié après seulement 11 petits matchs et une bien triste quatorzième place en championnat. Pour le remplacer, les dirigeants de l'OL, Jean-Michel Aulas et Gérard Houiller en tête, optent pour l'ancien entraîneur de Dijon, du Mans, de Lille, de l'AS Roma et surtout de l'Olympique de Marseille, dont les supporters ne regretteront pas le départ en mai 2019. 
Il faut être doté de courage et de volonté pour passer d'un olympique à un autre, pour un joueur comme pour un entraîneur. D'autant plus lorsqu'on connaît l'intensité de cette rivalité qui ne cessent de croître ces dernières années et depuis l'arrivée des Qataris à la tête du PSG, qui a contraint lyonnais et surtout marseillais à se trouver un nouveau rival. Ils l'ont trouvé l'un dans l'autre, dans ce que les médias appellent « l'Olympico ». La rivalité sur le terrain a trouvé un écho en dehors, par les pics adressés régulièrement par voie de presse entre dirigeants lyonnais et marseillais.
Cette rivalité atteint son paroxysme en septembre 2015 lorsque l'OL se déplace au stade vélodrome avec dans ses rangs l'ancien marseillais Mathieu Valbuena (2006-2014). Les supporters locaux lui réservent un accueil pour le moins chaleureux. Entre insultes, jets de projectiles et potence à son effigie, tous les moyens sont utilisés pour lui faire comprendre que les traîtres ne sont pas les bienvenus à Marseille. Des jets de bouteilles en verres causeront l'interruption du match, ce qui sera l'occasion pour Vincent Labrune, alors président de l'Olympique de Marseille et Jean-Michel Aulas de s'invectiver à nouveau.

📷 Ics_vgt
📷 Ics_vgt

En connaissance de cette rivalité, l'Olympique Lyonnais choisit quand même l'entraîneur marseillais, qui accepte lui aussi de prendre le risque que peut engendrer le passage d'un Olympique à un autre. Mais je crois intimement que, tant bien les dirigeants que Rudi Garcia se contrefichent du mécontentement des supporters et de leur opinion.                                                                                          
Son ancien capitaine à Marseille Dimitri Payet montre sa surprise de le voir arrivé dans un club qu'il a lui même dénigré : « Au vu de sa causerie il y a quelques mois sur les joueurs lyonnais, sur les supporters lyonnais, sur le président lyonnais, ça fait bizarre de le voir postuler pour ce club-là trois mois après [...] je n'aimerais pas qu'il parle de nous comme ça ». Une déclaration qui descend encore plus sa côte auprès des supporters lyonnais, et qui révèle les caractéristiques d'un entraîneur qui se comporte toujours dans l'intérêt de sa carrière, au détriment de toutes valeurs morales ou éthiques.

Son passif marseillais nourrit une déception accentuée par le caractère pas assez ambitieux de ce recrutement pour les supporters.
En effet, Rudi Garcia n'est pas une pointure dans son domaine, ni même le bon entraîneur à dimension européenne dont rêvent les supporters. Lorsqu'il arrive à Lyon, en Ligue des Champions, son bilan est accablant : 4 victoires, 8 nuls et 12 défaites en 24 matchs avec Lille et l'AS Roma, ce qui porte sa moyenne de point à 0,83, soit la moyenne la plus faible dans l'histoire de la compétition pour un entraîneur à minimum 20 matchs (Opta). On se souvient notamment de ces gifles reçues face au Bayern Munich avec Lille (6-1) puis l'AS Roma (7-1).
A l'échelle nationale, le bilan n'est guère plus reluisant, Rudi Garcia éprouve autant de mal à battre les grosses écuries du championnat, puisqu'il récolte, sur l'ensemble de son passage à Marseille, 12 points sur 66 possibles contre les 5 premiers du championnat, soit 0,18 points par match, et pas moins de 16 défaites en 22 rencontres.
Vous l'aurez compris, la nomination de Rudi Garcia au poste d'entraîneur de l'OL suscite une profonde incompréhension chez les supporters, qui lancent sur Twitter l'hashtag #GarciaDémission, alors qu'une pétition intitulée « Non à Rudi Garcia » recueille plus de 6000 signatures en moins de 24h. Coutumiers du fait, les supporters avaient déjà fait circuler une pétition lors de la nomination de Bruno Génésio en Janvier 2015. Luc, supporter lyonnais contacté par Le Parisien témoigne : « Génésio, on trouvait le technicien limité. Garcia, on n'aime pas le personnage. Ça n'a rien à voir. C'est bien pire ».

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📷 Victoria Primak
📷 Victoria Primak

Cette relation aurait pu s'améliorer malgré ce très mauvais départ, comme ce fut le cas lors du passage de Mathieu Valbuena à Lyon. Mais ici, les deux parties ne se rapprocheront jamais. Déjà agacé par le personnage et son passif, les supporters vont l'être également par la faiblesse du jeu proposé, ainsi que par les résultats. 
En effet, les supporters lyonnais ont été habitués depuis les années 2000 à voir leur équipe déployer un football chatoyant et agréable. Cela se manifeste la maîtrise du ballon et du match, des combinaisons, des gestes techniques, des buts et des retournements de situations. En somme, tout ce qui fait que le football est avant tout un spectacle, pour lequel les spectateurs paient, qui leur transmet des émotions qu'ils ne trouveront nulle part ailleurs.                                                                                                                                    Mais l'OL de Rudi Garcia s'éloigne de ces principes-là, le football bien huilé porté sur l'offensive laisse place à des victoires poussives, dépendantes de l'exploit individuel, qui doit son existence à l'absence d'expression collective de haut niveau.
Force est de constater que depuis son intronisation, les supporters de l'Olympique Lyonnais se sont plus souvent ennuyés que divertis au Groupama Stadium.
On entend parfois certains entraîneurs prononcer ce genre de phrases : « peu importe la manière, l'important, c'est les 3 points ». Or, le développement d'un jeu attractif et offensif est très souvent le meilleur moyen pour obtenir de bons résultats. L'inverse est également vrai, puisqu'avec un jeu ennuyant et stéréotypé, l'OL de Rudi Garcia rate la qualification en championnat à deux reprises en autant de saisons, et termine à de très anormales 7e puis 4e places.

Une relation avec Juninho compliquée par des visions différentes

        Bruno Génesio entretenait lui aussi une relation conflictuelle avec les supporters durant son passage, mais qui devenait quasiment anecdotique tant il était soutenu au sein du club. Ici, la méfiance du public trouve un écho en interne par les tensions entre Rudi Garcia et son novice directeur sportif Juninho. Ce dernier, légende de l'Olympique Lyonnais dans les années 2000, revient dans le « club de sa vie » à l'été 2019, une décennie après l'avoir quitté. Mais le brésilien à troqué les crampons et le maillot contre un costume nouveau pour lui, celui de directeur sportif.

On se doute, lorsqu'on connaît la personnalité des deux hommes, que la mayonnaise prendra difficilement. Notamment car Juninho n'est pas à l'origine de l'arrivée de Rudi Garcia.
Retour en octobre 2019. Devant l'échec Sylvinho qui décrédibilise légèrement Juninho aux yeux des illustres dirigeants lyonnais, ces derniers se chargent du choix du prochain entraîneur.
Le directeur sportif n'a pas réellement son mot à dire lorsque Rudi Garcia est choisi. Après une parenthèse étrangère, nouvelle et ambitieuse représentée par Sylvinho, l'Olympique Lyonnais se tourne à nouveau vers une solution plus « classique », connue et rassurante que le directeur sportif ne semble valider qu'à contre-coeur.
Dans un club normalement constitué, le directeur sportif, en charge de toute la politique sportive du club, doit choisir l'entraîneur en fonction de la direction à donner au projet sportif, ainsi que de l'image qu'il veut donner à son équipe. Ici, Rudi Garcia doit son intronisation en partie à l'affaiblissement du poids de Juninho à la suite de l'échec Sylvinho.
Les deux hommes sont dans une position inconfortable. Juninho est contraint de travailler avec un entraîneur qu'il n'a pas choisi, et qui sait pertinemment que son supérieur ne souhaitait pas sa présence. Cette situation, révélatrice d'un dysfonctionnement au sein du club, se fera ressentir jusque sur le terrain. Seule une entente complice et complémentaire entre les deux hommes pouvait gommer l'erreur initiale. Elle n'arrivera pas.

Les deux hommes sont très opposés dans leur vision du football et du club. Là où l'institution et l'amour du maillot priment pour Juninho, Rudi Garcia adopte une vision plus court-termiste et souple. Même si ce dernier évoque « une relation passionnée avec beaucoup de hauts et parfois effectivement des échanges », leur entente sera surtout parsemée d'embuches.
Compte tenu des exigences liées au résultat et au jeu, qu'il tire de son passé victorieux de capitaine au sein du club (7 championnats de France, 1 coupe de la ligue, 1 coupe de France, 3 trophées des champions remportés), Juninho ne peut être satisfait du bilan de son entraîneur. Il semble parfois bouillonner intérieurement, lui qui insiste constamment sur l'état d'esprit irréprochable des joueurs, la combativité et l'amour du maillot.

Les « échanges » dont parlent Rudi Garcia portent en partie sur la gestion de l'effectif, composé majoritairement par Juninho depuis son arrivée.
Alors que ce dernier se démène pour attirer des pépites brésiliennes dans la capitale des Gaules, l'entraîneur titularise davantage des joueurs qu'il a lui-même choisi, souvent faible techniquement à l'instar de Maxwel Cornet, Karl Toko-Ekambi ou l'italien Mattia De Sciglio.
Il accorde à ses protégés une confiance aveugle qui vient dérouter la méritocratie qui doit être de mise pour garantir une concurrence et une vie de groupe saine, et à laquelle le directeur sportif accorde une grande d'importance.

Un bilan comptable global insuffisant

Si l'isolement de Rudi Garcia en interne, dont il n'est pas le seul coupable, n'a pas joué en sa faveur lorsque le sujet de sa prolongation est venu sur le tapis des dirigeants lyonnais, le bilan global de son mandat les a logiquement refroidi.

Le final 8 et le début de saison 2020-2021, deux arbres qui cachent une forêt qui brûle

Lorsqu'on évoque son passage d'un an et sept mois comme entraîneur de l'Olympique Lyonnais, il serait injuste de passer sous silence la performance lors du Final 8 ainsi que la première partie de la saison 2020-2021.

La phase finale de la Ligue des Champions 2019-2020, décalée à cause de la crise sanitaire lié au coronavirus, et remodelée pour l'occasion en des matchs à élimination direct qui viennent remplacer les matchs aller/retours, a permis à l'OL de signer une des plus belles aventures européennes de son Histoire.
En effet, les exploits contre les deux ogres européens que sont la Juventus Turin (2-2) et Manchester City (3-1) sont venus redonner de la joie aux supporters et au club qui n'avaient pas connu une qualification en demi-finale de ligue des champions depuis 2010.

Mais l'équipe de Rudi Garcia, que l'on pouvait logiquement classer comme la moins bonne des 8 présentes sur la ligne de départ, a profité de son statut d'outsider pour s'appuyer sur une défense à cinq, une combativité exceptionnelle et un jeu de contre des plus rudimentaires.

Tactique efficace contre des équipes qui pratiquent le jeu de possession à outrance et laissent des espaces dans le dos de leur défense, mais bien moins contre des équipes de ligue 1, souvent plus faibles, qui laissent la maîtrise du ballon à l'OL.

C'est alors que les défaillances collectives refont surfaces. L'équipe de Rudi Garcia manque cruellement de créativité offensive, de vitesse et de combinaisons astucieuses dès lors que se dresse face à elle des formations solides et frileuses, exploitants avec vitesse n'importe quels ballons de contre-attaques, mettant ainsi à défaut les défenseurs lyonnais et leur lenteurs.

La première partie de saison 2020-2021, à l'issue de laquelle l'Olympique Lyonnais se positionne en tête de la ligue 1 (11v, 7n, 1d) fait également figure de cache-misère tant la bonne dynamique s'est estompé rapidement et lamentablement.
Durant cette bonne période, l'équipe de Rudi Garcia est avant tout portée par son capitaine Memphis Depay, qui réalise par ailleurs sa meilleur saison sous les couleurs lyonnaises (22 buts et 12 passes décisives en 40 match, ttc). Elle devient véritablement « Memphis-dépendante » tant son influence sur le jeu lyonnais est importante. La majeure partie du plan de Rudi Garcia repose sur le néerlandais ainsi que sur son organisation en 4-3-3 qui fonctionne parfaitement dans un premier temps.
Mais la mascarade ne peut durer éternellement. Memphis ne peut cacher à lui tout seul les manquements tactiques d'une équipe cruellement en perte de vitesse à partir du mois de janvier. Les adversaires commencent à connaître ce fameux 4-3-3 et les Lyonnais peinent à surprendre les défenses adverses. Ils perdront trop de points contre des adversaires à leurs portée pour rester en haut du tableau. (2 points sur 12 possibles contre le FC Metz, Montpellier HSC, Stade de Reims et le RC Lens, et une seule défaite lors de la première partie de saison contre 5 lors de la deuxième, lors de laquelle l'OL concèdera 10 buts de plus que sur le premier semestre)

Devant le manque d'inventivité et de créativité des titulaires, les habituels remplaçants auraient pu intégrer l'équipe et peser de tout leur poids sur le cours de la fin de saison. Mais à force de ne pas être intégré à l'équipe, ces derniers arrivent à cours de rythme, alors que les titulaires tirent la langue. Pire, ils apparaissent démotivés et frustrés de leur traitement par l'entraîneur.
Djamel Benlamri, Melvin Bard Jean Lucas, Maxence Caqueret, Rayan Cherki, Moussa Dembélé et Islam Slimani ont joué en moyenne 780 minutes chacun cette saison, tandis que des joueurs au rendement décevant comme Maxwel Cornet, Karl Toko-Ekambi ou Léo Dubois culminent à plus de 2500 minutes chacun. Bien aurait pris à Rudi Garcia de suivre les exemples de ces confrères Christophe Galtier (Lille) et Nico Kovacs (AS Monaco), dont le turnover leur ont permis de finir la saison en boulet de canon avec des joueurs frais physiquement et mentalement.

Parmi eux, beaucoup sont de jeunes joueurs issus du centre de formation, qui n'ont pas pu progresser sous le mandat de Rudi Garcia, bien que celui-ci se vante du contraire : « J'ai l'impression ici que quand tu fais jouer deux joueurs, il faudrait en faire jouer quatre, quand t'en fais jouer quatre, il faudrait en faire jouer huit... Arrêtez un petit peu avec ça. Maxence Caqueret, Rayan Cherki et Melvin Bard, c'est moi qui les ai fait jouer ici, et personne d'autre avant moi. Il faut arrêter de me gonfler avec ça. Les jeunes, je les adore, ils sont là, ils sont bons et je les fais progresser pour qu'ils deviennent l'avenir de l'Olympique Lyonnais » balance-t-il sur OLTV en Aout 2020.
Or, lorsqu'on regarde la situation de chacun de plus près, on constate effectivement leur faible temps de jeu. Pire, certains comme Maxence Caqueret ou Melvin Bard peuvent se sentir extrêmement frustrés d'avoir été mis au placard sans explications après des performances pourtant à la hauteur.
Cette gestion pose davantage question en ce début de saison 2021-2022, alors que ces deux joueurs réalisent d'excellents matchs, à Nice pour le premier (8 matchs joués sur 9, un but marqué, une présence dans l'équipe type de la 9e journée de ligue 1 et une 3ème place avec son équipe), et toujours Lyon pour le second (2e plus gros temps de jeu de l'effectif et une place de titulaire indiscutable).

Malgré la déception au niveau du jeu, des résultats et de la gestion de l'équipe dans son ensemble, Rudi Garcia aurait pu signer un départ discret et élégant, mais ce n'est pas vraiment le style du personnage.

Un départ chaotique

        Vous l'aurez compris, l'Olympique Lyonnais a eu la bonne idée de ne pas prolonger l'entraîneur français, ce que ce dernier a visiblement mal vécu.

Malhonnêteté, rancune et culture de l'excuse

Seulement 2 jours après le dernier match de la saison et la lamentable défaite subie à domicile face à l'OGC Nice (2-3) qui signe la fin des espoirs lyonnais pour accrocher une troisième place qualificative pour la Ligue des Champions, Rudi Garcia signe un départ fracassant via une interview incendiaire accordée à l'Equipe. Dans cette dernière, l'entraîneur désormais consultant pour Canal+ tire à boulets rouges sur son ancien directeur sportif Juninho, coupable selon lui, d'avoir saboté son travail et mis «des coups francs contre son camp». Il en profite également, comme à son habitude pour se dédouaner de toute responsabilité concernant la non-qualification en ligue des champions, en chargeant notamment les supporters : « J'ai été mal accueilli par certain mais je croyais qu'après les Coupes et le titre de champion d'automne, ça changerait ».

Tout le monde lui tombe dessus, comme pour évoquer un problème commun

        Les réactions à ces attaques ne se sont pas faites attendre, et les voix se sont élevées comme un seul homme pour rétablir la vérité sur le passage de Rudi Garcia à l'Olympique Lyonnais.
Le président Jean-Michel Aulas, mène la danse pour faire front et défendre son directeur sportif et l'institution : « Dommage que Rudi n'ait pas su travailler avec Juni qui l'avait pourtant choisi et accompagné. Juni a tout notre soutien. Que de mauvaises excuses de la part de Rudi ! Très déçu de la politique de la terre brûlée de Rudi Garcia qui réécrit l'Histoire, oubliant qu'il avait le meilleur effectif »

Les Joueurs de l'Olympique Lyonnais lui emboîtent alors le pas, en partie en réponse à l'une des phrases de leur désormais ex-entraineur : « les choses ont commencé à se gâter sans que je m'en aperçoive ». Le milieu de terrain Bruno Guimaraes semble halluciner et réagit sur twitter : « Tout à commencer à ne pas fonctionner quand il a manquer de la cohérence de ta part !! ». Rafael, sous les ordres de Garcia lors de sa première année hallucine tout autant : « "les choses ont commencé à se gâter sans que je m'en aperçoive" je m'arrête là ».

Mais la réponse la plus cinglante et révélatrice à la fois du manque de cohésion dans le club, mais également du manque de compétence de Rudi Garcia est venu de celui qu'il avait lui même attaqué : le directeur sportif Juninho.
Dans un long entretien à la chaîne du club, le brésilien déclare avoir été surpris par le timing de cette interview de Rudi Garcia : « j'imaginais qu'il allait faire quelque chose car ça fait partie de son caractère, il a le plaisir de faire ça, mais je m'attendais à ce qu'il le fasse pendant les vacances. (...) quand je l'ai lu ça me donne l'impression que ça a été préparé avant ». Cependant, il ne se sent pas trahit par « Je connaissais son caractère, on est trahis par les vrais amis (...) on était professionnels, c'est quelqu'un que je n'apprécie pas beaucoup en tant que personne et vice versa ».
Il revient dans cette même interview, sur la gestion des joueurs par leur ex-entraîneur : « le problème que j'ai eu avec Rudi, c'est qu'il y avait des différences de traitement, il était faible avec les forts, et fort avec les faibles ». Avant d'enchaîner : « moi je peux être fort avec les joueurs (dur ndlr), mais je peux les embrasser aussi, (...) et je pense que ça a gêné Rudi, parce qu'il est froid humainement, il n'a pas de sentiments ». Juninho dessine là un portrait qui ressemble au modèle, mais il va plus loin et explique l'attitude de Rudi Garcia : « Moi, j'étais un peu en manque de confiance en moi, mais je n'ai pas honte de le dire, car c'est comme ça que j'avance, et Rudi a un manque total de confiance en soi et donc il veut montrer qu'il est fort, qu'il est costaud, qu'il est beau. »

Rudi Garcia attire autour de lui une flopée d'avis négatifs qui défilent en chaîne et qui pointent du doigt sa mauvaise communication, son comportement et décrédibilisent sa stratégie de « caliméro ».

L'art de finir mal

        Vous l'aurez compris, il ne sera regretté par personne entre Rhône et Saône, mais existe-t-il un endroit où il l'est vraiment ?
En se penchant davantage sur la question, on constate que les départs tumultueux sont devenus sa marque de fabrique.

Si ses premières expériences en tant qu'entraîneur au Mans et à Lille se sont plutôt bien terminées, cela se corse lors de son passage à l'AS Roma, où les italiens ne gardent pas que de bons souvenirs de lui. Déjà en 2016, c'est son caractère qui lui attire les critiques des observateurs : « Rudi Garcia à été un entraîneur 'double face'. Il y a eu des périodes plus compliquées au cours desquelles il n'a pas forcément su afficher les qualités de leadership nécessaires » selon Marco Giordana, rédacteur du site transalpin Il Mattino.

C'est ensuite à Marseille, que Rudi Garcia devient une caricature de lui-même.
Lors de sa troisième et dernière saison, les « Garcia dégage » fleurissent dans les tribunes du Vélodrome et l'annonce de son départ est accueilli comme un soulagement par les supporters de l'Olympique de Marseille : « Quel soulagement, on est content de ne plus l'entendre, de ne plus subir ses conneries lors des discours d'après match ! » se satisfait le patron du groupe de supporters South Winners. « Quand on l'écoute, on dirait que tout va bien... Alors que le stade le haïssait. En réalité, la fuite était la seule solution », balance les supporters, agacé par cette « communication complètement foireuse, comme toujours avec lui. » ; « On avait honte de Garcia ». Ces déclarations, aussi nombreuses que justifiées, ne sont pas de l'avis du concerné qui estime que « les 32 mois que j'ai passé ici sont assez satisfaisants ».
Les bilans que l'entraîneur français tire de ses expériences sont toujours teintés de fausses excuses et de mauvaise foi, tant et si bien qu'il est devenu un expert dans « l'art de finir mal ». On dit souvent que les histoires d'amour finissent mal, mais avec ou sans amour, les histoires semblent de plus en plus se finir de la même façon avec Rudi Garcia.

En embauchant Rudi Garcia, Jean-Michel Aulas et l'Olympique ne se sont pas rendu compte du bourbier dans lequel ils étaient en train de s'enfoncer, et ce malgré les nombreux signes avant coureurs.
Les vingt mois de Rudi Garcia à l'Olympique Lyonnais auront été autant de mois de supplices pour les suiveurs du club rhodaniens, tant sa mentalité et ses ambitions se sont trouvées aux antipodes du club.
Ses incompétences se sont révélées aux yeux de tous et son départ chaotique démontre encore plus l'erreur de casting qu'il a représenté.

Cependant, il est indispensable de se poser les bonnes questions et d'identifier tous les responsables. Le monde du football est rempli d'entraîneurs incapable, mais ils ne sont pas tous à la tête de grandes équipes comme l'Olympique Lyonnais. La faute de cet échec en revient donc à celles et ceux qui ont placé Rudi Garcia aux manettes de l'équipe première. Il aurait pu rester incompétent dans son coin, mais c'est bien Jean-Michel Aulas, accompagné de Gérard Houiller, Vincent Ponsot et dans une moindre mesure Juninho qui ont décidé de lui donner les responsabilités qui ont engendrées les échecs évoqué ci-dessus.
Fort heureusement, toutes les erreurs se rattrapent et c'est désormais vers l'avant qu'il faut regarder et en l'avenir qu'il faut croire. En allant chercher l'entraineur néerlandais Peter Bosz, l'Olympique Lyonnais se donne le droit d'être ambitieux. En premier lieu en matière de jeu et d'exigences individuelles des joueurs, eux qui ont bien trop évolué dans le confort ces dernières années. L'erreur Rudi Garcia n'est désormais plus qu'un exemple d'erreur à ne plus commettre ainsi qu'une dystopie de laquelle il faut s'éloigner.  


Dans un article de Victoria Koussa du 10 septembre 2023 paru sur France Info, on apprend une nouvelle et énième fois que les élus de gauche tentent de comprendre la perte de leur électorat populaire et rural qui se tourne vers le Rassemblement national. Or, les déclarations des élus interrogés semblent lunaires face à la détresse des administrés....

Dans un contexte de renforcement de l'attraction des BRICS, les volontés d'adhésion se multipliant, on entend ici et là qu'un monde multipolaire émergerait. La guerre en Ukraine marquant la fin de l'hégémonie de l'Occident et de la première de ses puissances, les États-Unis d'Amérique. Or, la réalité parait plus équivoque.

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